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Constanța (prononcé : konˈstant͡sa, parfois écrit Constanza, en grec Κωνστάντζα / Konstantsa, en turc : Köstence, en bulgare Кюстенджа (Kioustendza), est une ville portuaire de l'est de la Roumanie située sur les rives occidentales de la mer Noire : elle est le chef-lieu du județ de Constanța en Dobrogée.
La municipalité de Constanța compte une population de 283 812 habitants en 20111 (la cinquième du pays par le nombre d'habitants), mais l'agglomération compte environ 450 000 habitants avec les communes limitrophes sur une superficie de 1 013,5 km2, soit la seconde agglomération du pays après Bucarest.
Le nom de Constantiana lui a été donné par l'empereur romain Constantin Ier (274-337) en l'honneur de sa sœur Constantia. Auparavant la cité se nommait en grec ancien Tomis ou Tomes signifiant « tranché ». Une légende relie ce nom à Jason, à Médée et aux Argonautes, selon laquelle, s'enfuyant avec la toison d'or, ils ont pris en otage Absyrte fils d'Éétès, roi de Colchide (l'actuelle Géorgie) et que, en passe d'être rattrapés par la flotte de ce dernier, ils ont mouillé ici, découpé l'otage en morceaux (diasparagmos) et dispersé ceux-ci afin de retarder leur poursuivant, obligé de les chercher et de les ramasser pour donner des funérailles honorables à son fils. Toutefois, les archéologues et historiens Theodor Capidan, George Vâlsan et Adrian Rădulescu pensent que Tomis provient en réalité de la forme du port antique, aujourd'hui enfoui sous la gare maritime moderne, qui tranchait la ligne de côte, à l'ouest de ce qui était alors la presqu'île de Tomis. Sur les portulans génois du xive siècle, la cité apparaît sous le double nom de « Constanza » ou « Tomi ». Depuis qu'elle est roumaine (1878), elle se nomme Constanța, prononcé « konˈstánt͡sa ».
Durant la préhistoire, l'actuel emplacement de Constanța était un village de pêcheurs mésolithiques, ayant laissé des traces d'habitations, d'outils et de coquilles antérieures aux Gètes (Thraces septentrionaux).
Au ve siècle av. J.-C., après la colonisation du Pont Euxin, les Ioniens donnent à la localité le nom de Tomis. Au iiie siècle av. J.-C., son développement atteint son apogée. Ovide, le célèbre poète latin, y est exilé en 8 ap. J.-C. et y meurt en 17. Entre-temps arrivent des Scythes, qui se mêlent aux Gètes, aux Grecs et aux Romains. La région est alors surnommée « Scythia Minor » et fait partie de la province romaine de Mésie.
En l'an 311, lorsque l'empereur romain Galère (d'origine dace) décrète la liberté de religion pour les chrétiens, la ville est élevée au rang de métropole de la « Scythie mineure » (patrie de Jean Cassien), avec 14 évêchés. On y parle et écrit alors autant le grec que le latin.
Durant le ive siècle, la ville reçoit le nom de Constantiana.
Du ive au xie siècle, toute la région subit les invasions des Goths, Huns, Slaves, Avars, Bulgares et autres, au point que l'Empire finit par l'abandonner au viiie siècle, la ville n'est alors plus que ruines. Aucune mention nest parvenue des quatre siècles de domination bulgare qui commence en 680 après la bataille d'Ongal. L'Empire romain d'Orient (ultérieurement appelé byzantin) en reprend le contrôle en 977 et la relève, car c'est un abri naval important entre Constantinople et les bouches du Danube. Des populations grecques, valaques, bulgares et arméniennes laissent des inscriptions et sont signalées par les chroniques byzantines.
Après les invasions russes et petchénègues, le royaume des Bulgares et des Valaques (dans les documents de l'époque), indépendant de Byzance en 1186, hérite de la ville, mais la grande invasion tatare de 1223 réduit à nouveau tout à néant. Entre 1325 et 1389, la Dobrogée est indépendante et Constanța est une escale génoise (comme de nombreux autres ports en mer Noire et sur le Bas-Danube). Puis à partir de 1389 et jusqu'en 1422 : elle fait partie de la principauté de Valachie.
Lors de la conquête par l'Empire ottoman au xve siècle la ville, alors appelée Köstence (prononcé Queustendjé) connaît un déclin majeur, et ne compte plus, selon les recensements turcs du xviiie siècle, qu'une centaine de foyers : ce sont des pêcheurs ou charpentiers de marine grecs pontiques, des bergers roumains (les « Diciens »), des jardiniers bulgares et des marchands arméniens et des militaires turcs, soit pas plus de 2 000 habitants en tout.
Du xviiie siècle à 1812, la région devient champ de bataille entre la Russie et l'Empire ottoman ce qui dépeuple encore plus la ville. Puis de 1812 à 1878, la Russie ayant annexé la Bessarabie, l'Empire ottoman a désormais une frontière commune avec l'Empire russe. La guerre de Crimée la ravage et le médecin français Camille Allard la trouve quasi-désertée en 1855 mais ensuite Constanța devient un refuge, où des Lipovènes, des Tatars et des bergers transylvains (les « Mocans ») s'ajoutent à la population revenue. En 1861 les Britanniques construisent un chemin de fer qui la relie au Danube, pour écouler les grains de la Valachie.
À partir de 1878, lors du rattachement à la Roumanie, celle-ci, grâce à des capitaux britanniques, français et allemands, développe son unique grand port, qui devient un prospère centre industriel et commercial, port d'attache de la flotte du Service maritime roumain. En 1893, la ville retrouve l'étendue qui fut la sienne à son apogée antique, au iiie siècle av. J.-C., puis dépasse rapidement ce périmètre. Constanța fut parmi les premières villes d'Europe à utiliser l'électricité pour l'éclairage. Dans l'Entre-deux-guerres, tandis qu'Odessa et les autres ports russes périclitent en raison de la révolution russe et de ses suites, Constanța devient le plus grand port de la mer Noire, avec plus de 70 % du trafic de celle-ci.
Comme toute la Roumanie, Constanța est soumise aux régimes dictatoriaux carliste, fasciste et communiste de février 1938 à décembre 1989. Entre autres, Nicolae Ceaușescu fait ici une partie de sa carrière à ses débuts.
Durant la décennie 1990, avec le rétablissement de la démocratie et l'ouverture des frontières, Constanța devient une ville très dynamique au niveau de vie parmi les plus élevés du pays dont elle est la seconde agglomération après Bucarest.
À la suite de la crise financière mondiale débutant en 2007, au regain régional de tension internationale lié au retour de la Russie aux pratiques soviétiques, à la crise de Crimée et à la guerre du Donbass, ainsi qu'au mandat à Constanța même, du maire controversé Radu Mazăre qui finit condamné pour corruption et association de malfaiteurs, les activités maritimes déclinent fortement et la ville, surnommée Mazaristan par ses habitants, perd sa prospérité et son rang de seconde agglomération du pays.
44°10'09.8"N 28°39'36.7"E - 44.169399, 28.660200
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